Potager & Entretien · 19 octobre 2026
Quand et comment tailler un amandier : ce qu’il faut savoir

Un amandier se taille à deux moments : la formation en fin d’hiver, quand l’arbre est en repos végétatif, et l’entretien après la récolte, entre fin août et octobre. Tout le reste se décide sur un seul critère, le gel, parce que l’amandier fleurit très tôt, parfois dès janvier.
Le geste compte autant que la date. Une coupe propre, au bon endroit, au-dessus d’un bourgeon, vaut mieux qu’une taille parfaite faite avec un sécateur sale.
La période, mois par mois
Les sources ne disent pas toutes la même chose, et c’est normal : l’une place la taille au début de l’automne, l’autre en fin d’automne voire en décembre. La différence tient au climat local et à l’état de l’arbre, pas à une règle nationale.
| Moment | Repère sur l’arbre | Ce qu’on fait |
|---|---|---|
| Fin d’automne à décembre | Feuilles tombées, repos végétatif | Taille de formation et d’entretien |
| Décembre à janvier | Bourgeons fermés, avant la floraison | Formation des jeunes sujets, coupe des drageons |
| Fin août à octobre | Après la récolte des amandes | Taille d’entretien |
| Janvier à mars | Floraison en cours | On attend, l’arbre est exposé au gel |
Ce calendrier se lit comme une fenêtre, pas comme une date. Dans une région douce, la floraison peut démarrer dès janvier ; ailleurs, elle arrive plus tard. C’est elle qui commande, parce qu’une taille juste avant ou pendant la floraison expose l’arbre au pire moment.
Pour situer l’amandier parmi les fruitiers du jardin, la logique est la même que pour les pommiers et leur calendrier de taille : on taille hors sève et hors gel.
Ce qui décide vraiment : le climat, la région, le gel
L’hiver est le moment où l’arbre travaille le moins. Il est en repos végétatif : la sève ne circule plus, les coupes cicatrisent sans stress. C’est pour cette raison que la formation comme l’entretien se programment en fin d’automne ou en hiver, vers décembre.

Le gel printanier est le vrai danger. Les gelées de printemps sont le principal risque pour l’amandier, surtout pendant la floraison. Une taille qui relance la végétation trop tôt, ou qui ouvre des plaies juste avant une gelée, se paie en fleurs perdues, donc en amandes.
La région change la fenêtre, pas la logique. Un jardin précoce, exposé plein sud, voit l’arbre démarrer plus tôt. Un jardin plus froid garde des bourgeons fermés plus longtemps. Regardez votre arbre plutôt que le calendrier du voisin.
L’emplacement pèse aussi. L’amandier aime les situations ensoleillées, nécessaires à la fructification, et un sol perméable, léger, pierreux, calcaire, profond et bien drainé. Il redoute les terres lourdes et humides, où les racines s’asphyxient.
Le geste : où poser la lame
Un sécateur désinfecté et parfaitement affûté fait des coupes nettes, qui se referment vite. Un outil sale transporte des maladies d’un arbre à l’autre.
Voici l’ordre des gestes sur un sujet à former, dans les premières années :
- Nettoyez la lame à l’alcool avant de commencer, et entre deux arbres si vous en taillez plusieurs.
- Repérez la branche dominante, la plus érigée, celle qui monte droit au centre.
- Coupez-la à 40 cm juste au-dessus d’un bourgeon, avec une coupe oblique.
- Sur un arbre déjà formé, le tronc arrive coupé à 80 ou 90 cm du sol, au-dessus du point de greffe : aucune tige centrale ne se dresse, ce sont des branches charpentières en couronne évasée qui montent.
- Rabattez la branche centrale à 40 cm du sol au-dessus de 2 yeux latéraux, qui seront incités à se développer.
L’année suivante, taillez ces 2 branches charpentières également à 40 cm, puis poursuivez le dédoublement régulièrement, sans jamais placer les charpentières à la verticale. Une charpentière verticale prend la place du centre et refait le problème que vous venez de corriger.
Pour les espèces voisines, le principe de coupe reste identique, comme pour l’abricotier ou le poirier.
Les erreurs qui coûtent cher
Tailler avec un sécateur non désinfecté. C’est le premier vecteur de contamination entre deux arbres. Le geste coûte trente secondes, une maladie coûte une branche charpentière.
Laisser les drageons au pied. Ces rejets qui poussent sur les racines du porte-greffe consomment l’énergie de l’arbre et l’épuisent. On les supprime à la fin de l’hiver, en les arrachant au ras, pas en les coupant au sécateur.
Placer les branches à la verticale. Une charpentière verticale pousse en bois au lieu de fructifier, et vous perdez l’équilibre de la couronne.
Tailler pendant la floraison. L’amandier fleurit entre janvier et mars, quand les gelées restent possibles. C’est exactement la période à éviter.
Croire qu’une taille sévère rattrape tout. Rabattre un arbre adulte de moitié ne le rend pas plus productif. Une taille adaptée, année après année, fait passer d’une poignée d’amandes à une production plus sérieuse.
Taille : formation, entretien, ce qui change d’une année sur l’autre
La taille de formation se pratique les premières années après la plantation. Elle construit la charpente : un tronc bas, deux ou trois branches bien réparties, un centre ouvert à la lumière. C’est un travail de patience, avec des coupes courtes et peu nombreuses.
La taille d’entretien prend le relais chaque année, plutôt en automne, après la récolte et avant l’entrée en repos végétatif. Elle retire le bois mort, les branches qui se croisent, les rameaux trop denses, et les drageons.
Il existe aussi des formes palissées, comme la palmette à la diable, une taille de formation libre, moins rigide que les palmettes classiques, qui conserve une symétrie. C’est un choix de jardin structuré, pas une obligation.
Avec sa taille modeste, 6 à 8 m de hauteur au maximum, l’amandier garde une valeur ornementale certaine, notamment grâce à sa floraison très précoce, en fin d’hiver ou tout début de printemps, entre janvier et mars. Une raison de plus de ne pas le brutaliser.
FAQ
Peut-on tailler un amandier en été ?
Mieux vaut attendre la fin août, après la récolte. La taille d’entretien se pratique de fin août à octobre, avant l’entrée en repos végétatif. En plein été, l’arbre est en pleine végétation et une coupe sévère l’affaiblit. Une branche morte ou cassée se retire quand même, sans attendre.
Faut-il tailler un amandier qui n’a jamais été taillé ?
Oui, mais sans à-coups. Reprenez la charpente sur deux ou trois hivers : retirez d’abord le bois mort et les branches qui se croisent, puis équilibrez la couronne. Une seule coupe massive sur un arbre âgé ouvre une plaie large et relance le bois au détriment des fruits.
Pourquoi mon amandier ne donne-t-il pas d’amandes ?
Trois causes reviennent. Des gelées printanières pendant la floraison détruisent les fleurs. Un manque de soleil limite la fructification : l’amandier a besoin d’une exposition ensoleillée. Et un arbre jamais taillé, trop dense, produit surtout du bois. Une taille adaptée fait passer de quelques amandes à une vraie récolte.
Quand supprimer les drageons au pied de l’amandier ?
À la fin de l’hiver. Ces rejets naissent sur les racines du porte-greffe et détournent l’énergie de l’arbre. Arrachez-les au ras du sol plutôt que de les couper : un drageon coupé repart de plus belle, alors qu’un drageon arraché avec son point d’attache ne revient pas.


